Education ici et ailleurs…

Je vous l’ai promis, le voici. Quand ailleurs on ne parle pas de ce qui est négatif, ou du moins on l’évite le plus possible, on encourage pour le développement et la confiance encore très chancelantes de l’enfant, ici on n’hésite pas à pointer du doigt, à stigmatiser un enfant qui ne « rentre pas dans les clous », provoquant certains ravages au passage. Il va de soi que je développerais plus longuement la France, vu que c’est le pays où je vis et que j’y ai côtoyé de nombreuses années le système éducatif (Marseille, Nîmes, Paris ) qui à force m’est devenu assez familier. Je peux dire que j’ai vu de tout! D’excellentes comme d’horribles choses! Ce qui me pousse à en parler, mais ne surtout pas généraliser.

En Angleterre , les responsabilités honorifiques s’entourent d’un rituel et d’un cérémonial codifiés : posture, qualités personnelles et comportement exemplaire sont les critères explicites de sélection du responsable du jour, le « child of the day ». Le fait de mettre les enfants en valeur les stimule à faire de leur mieux et à redoubler d’efforts.

 En Australie, en classe de 1ère et terminale les élèves ont 5 ou 6 matières, dont une  obligatoire:  l’Anglais. Le reste est complètement à la carte. Impensable en France! Un élève peut choisir de n’étudier que les sciences, ou que les études littéraires, ou un mélange des deux. Le luxe! Des matières plus modernes comme les médias, la cuisine, ou les arts graphiques… Un système qui permet aux lycéens d’aimer l’école, même en étant ados avec tout ce que les bouleversements dans leur vie peuvent comporter, de se pencher très tôt sur ce qu’ils aimeraient faire, s’intéresser, se passionner, et avoir une notion de leur avenir.

En Allemagne, on associe l’acquisition du savoir au développement de soi. L’enfant doit grandir et se développer selon son propre rythme et ses compétences individuelles. L’éducation allemande ne met pas l’accent sur la transmission du savoir, mais sur l’épanouissement de la personnalité de l’enfant.

Je me suis arrêtée là pour les pays parce que tout ce que j’ai vu et appris m’a un peu démoralisé. Certains ont tout compris, tandis que nous on s’entête sur un système à revoir. Les adultes en charge se préoccupent plus de la conservation de leurs droits, que d’une éventuelle refonte du système éducatif complètement obsolète par certains endroits!! Et puis vous avez les autres qui travaillent et se donnent à fond envers et contre tout.

En France, on fait l’appel, on efface le tableau, on distribue les cahiers, des rituels quotidiens certes utiles, mais dangereusement  anodins et routiniers…  Les rituels liés aux « responsabilités » dévolues aux élèves (distribuer ou veiller au rangement du matériel, faire l’inventaire des gommes ou arroser les plantes, s’occuper de l’animal de la classe…) fait ressortir le caractère socialement déterminé de ces pratiques scolaires. Les responsabilités favorisant les apprentissages (compter le nombre d’enfants présents et préparer le nombre correspondant de gobelets pour le goûter, par exemple) sont le propre des classes françaises.

Les enseignants français s’appuient eux sur des logiques de « roulement » ou de tour de rôle. L’allocation d’une responsabilité à un élève, loin d’être une récompense octroyée pour des mérites personnels, fait figure de droit et de devoir d’ordre civique : chaque élève doit prendre part à la vie du groupe en exerçant ses droits et en assumant des responsabilités.

Très tôt , il subit sans ne rien dire. QUELQU’UN s’est posé une fois la question si l’enfant ne voulait pas, s’il avait envie de prendre part à autre chose, comme par exemple ranger la bibliothèque ou réparer des livres abîmés, non on lui impose une tache bien spécifique, et on conclut bien vite qu’il n’est pas discipliné, s’il n’agit pas comme les autres!  Bien sûr! Tous les enfants sont fiers qu’on leur accorde cette attention qui semble aux primes abords si particulière. Cependant, à y regarder de plus près, ils doivent absolument rentrer dans les cases.

Je m’explique: prenons un enfant , qui semble avoir des difficultés, au vu du bilan des enseignants et de la direction, il ne travaille pas vite, il est réservé, ne participe pas beaucoup, tantôt rêveur… Nous pouvons trouver de nombreux arguments-prétextes, comme je les appelle. A la maison, il sera vif, participatif, volontaire… Le problème est ailleurs, manque de pédagogie, de patience, d’attention de la part de l’enseignant, ou bien d’autres raisons ? On ne le dira jamais, on aura tôt fait de chercher une faille chez les parents. En aucun cas, on ne dira jamais que le système n’est parfois pas fait pour tous les enfants. Surtout ne pas y toucher! Non! Voyons l’enseignant analysera les faits en ne cherchant pas à approfondir le pourquoi du comment. Au contraire cela va lui donner l’occasion de tirer des conclusions bien hâtives, soutenu par ses pairs, que les autres élèves ne sont pas comme lui! Il n’est pas comme les autres trop poli, trop violent, trop… c’est trop! Je dis toujours qu’il n’y a pas d’enfants difficiles, il n’y a que des enfants à intéresser, et je l’ai vérifié maintes et maintes fois. Parfois les enseignants sont « embrigadés » dans le système qu’ils ne voient plus ce qu’ils devraient faire, ou même s’ils tentent des approches non conventionnelles, la hiérarchie se met à les pointer du doigt.

Je ne cherche pas la fantaisie, on parle de l’école, de savoir tout de même ! Mais je parle simplement de tenir UN PEU compte, des individualités de chaque enfant. Soutenir et encourager, ceux qui en ont le plus besoin, c’est la seule issue pour que les enfants sentent qu’ils peuvent être acteurs de leur scolarité. Une aliénation aberrante, des enjeux qui commencent à se faire ressentir à partir de la grande section de maternelle, se poursuivent, et empirent les classes  avançant. Les parents veulent et désirent de la qualité pour leur enfant, alors ils se tournent vers le privé,si leurs moyens le leur permettent, ou pas, qui leur renvoie une image où ils s’inscrivent à savoir la discipline, la rigueur, le travail.

Pas le temps de s’attarder sur les difficultés de x ou y, il faut avancer et boucler le programme même in extremis, à la fin de l’année scolaire. Expliquez moi alors pourquoi j’ai déjà vu de nombreux enseignants tenir leurs classes, boucler leurs programmes à tant, s’absenter rarement, et ne jamais crier sur leurs élèves? La passion du métier et le respect pour ces enfants, moi je ne vois que ça comme déduction.

terrain de basket

Des ados au terrain de basket

Même lorsque les enfants présentent d’énormes lacunes, les parents ferment les yeux et ne veulent pas entendre parler de redoublement, chose impensable pour la plupart d’entre eux. Normal! On les y a habitué! Il faut rentrer dans les cases! C’est pourquoi redoubler ne fait pas partie du programme. Redoubler signifie l’échec, la honte, le jugement de ses camarades… et j’en passe. Alors on préfère passer en classe supérieure pour avoir l’illusion qu’on est comme les autres. C’est comme cela que la délinquance se développe et tend à s’installer à une vitesse grand V. Le jeune doit aller à l’école jusqu’à ses 16 ans, mettons qu’il avait un rêve, celui de devenir carrossier. Les portes se ferment, il n’a pas un bon dossier scolaire, il ne sera pas accepté, il est déçu, alors il commence à errer, à douter, à fréquenter des personnes qu’il n’aurait jamais dû croiser.Il aurait pu gagner cet argent honnêtement en devenant apprenti carrossier, mais le système n’a pas voulu de lui. Attention! C’est un simple exemple pour démontrer les ravages que cela peut faire, mais je ne nie pas non plus qu’il y a des jeunes qui ont envie de gagner un argent facile sans pour autant se fouler! La culture de l’effort est de moins en moins au goût du jour pour certains jeunes!

Ce petit tour du monde que je vous ai laissé entrevoir, nous ramène à notre système éducatif trop administratif, trop scolaire, laissant peu de places au choix de l’enfant pour qu’il puisse avancer et s’épanouir , et non pas subir, s’ennuyer et  finir par décrocher. Des conceptions qui nous donnent une vision totalement différentes de la future participation à la vie en société. Je finirais cet article par une initiative encourageante qui, si elle venait à s’étendre du collège au lycée, s’avèrerait très fructueuse et très positive pour de nombreux enfants.

ados qui vont au collège

Des ados qui vont au collège

La Fondation Espérance banlieues a été créée en 2012 pour favoriser le développement d’écoles indépendantes (hors contrat) de qualité, en plein cœur des banlieues françaises, qui sont adaptées à la spécificité des défis éducatifs posés par ces territoires ( décrochage scolaire principalement).

Ces écoles Espérance banlieues ont la particularité d’être libres du recrutement des professeurs, des rythmes scolaires et du choix des méthodes pédagogiques, dans le respect du socle commun des connaissances définies par la loi. Elles proposent donc une éducation alternative à celle proposée dans d’autres écoles : équipes d’élèves visant à responsabiliser les plus grands vis-à-vis des plus jeunes, forte mobilisation des parents d’élèves dans le suivi de la scolarité de leurs enfants, forte pédagogie de la réussite mise en place… Dans le reportage que j’ai visionné, j’ai été très touchée, les enfants sont heureux de venir à l’école, la redécouvrent sous un angle différent, ils sont stimulés parce qu’on les y encourage. On leur propose un autre schéma où ils se reconnaissent, et se sentent enfin à l’aise! Parfois il suffit de si peu, mais souvent ce peu n’est jamais relayé. Les enfants attendent quelque chose qui ne viendra jamais. Ils sont déçus, découragés.

Depuis 2012, quatre écoles Espérance banlieues ont été créées :

  • l’école pilote Alexandre-Dumas à Montfermeil (primaire et collège – création en 2012),
  • le Cours Ozanam à Marseille (primaire – création en 2014),
  • le Cours Antoine-de-Saint-Exupéry à Asnières-Gennevilliers (primaire et collège – création en 2015),
  • l’école La Cordée à Roubaix (primaire – création en 2015).

Plus d’une quinzaine de projets d’écoles sont en préparation pour l’année prochaine.

La Fondation Espérance banlieues, dont la dotation est de 50 000 euros, est financée par des dons de bienfaiteurs institutionnels (fondations, associations, entreprises) et de particuliers. Son budget d’intervention est d’environ 503 940 euros par an.

La quasi-totalité du budget de la Fondation Espérance banlieues est affectée au soutien des écoles existantes. 

Pour tout savoir sur ces écoles et un système éducatif qui redonne de l’espoir et du baume au cœur, je vous invite à visiter leur site : http://esperancebanlieues.org

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A propos Muriel

Je rêverais d'un monde où tous les enfants, les jeunes seraient heureux et en sécurité! Malheureusement c'est un vœu pieux, alors je ne cesse d'élever ma voix pour défendre leur cause en étant leur porte-parole!! Rejoignez-moi si vous vous sentez concernés!!
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